Un souffle chaud s'émane. Cela me réconforte dans l'idée d'y entrer. Je ne vois pourtant rien devant moi ; une ombre générale obstrue mon champ de vision et les baies vitrées derrière la porte principale ne laissent passer aucune lumière. Tant pis, je prends les devants. À peine ai-je eu cette pensée que la porte s'est refermée. Surpris, je ne fais que regarder derrière, et surveiller mes arrières. Tournant de nouveau la tête pour m'axer en direction de la marche, je me rends compte que l'ombre a disparu pour laisser place à une clarté éblouissante. Au seuil de l'entrée, la vue est démentielle. Tout est blanc. C'est surréaliste. Le sol est une surface lisse où se reflète l'intégralité du bâtiment. Le rez-de-chaussée n'est composé que d'une seule et unique pièce, sans décoration, meubles ou autres structures. À mon opposé seulement se situe une porte noire. Le reflet attirant mon attention, je lève la tête afin d'égayer ma curiosité. C'est à ce moment que tout a prix un sens. Ou que tout a été sapé, au choix. Le premier mot qui me vient à l'esprit, c'est "infini". Il m'est impossible d'avoir une idée de la hauteur à laquelle est située le plafond, que je ne peux même pas voir. D'autant plus que des milliers de passerelles blanches partent dans tous les sens, à tous les niveaux possibles. Et le pire, c'est qu'il n'y a pas un seul bruit. Je claque dans mes mains pour avoir un aperçu de la puissance de l'écho. Celui-ci doit bien durer cinq secondes. Hagard, je ne sais plus quoi penser. Je ne m'attendais vraiment pas à ça. La scission entre l'extérieur et cette tour est démentielle. C'est le jour et la nuit. Ou dans le contexte, le noir et le blanc. Je jette un oeil à mon niveau désormais. Le seul élément notable, c'est la porte noire vue lorsque je suis entré. La ligne blanche va d'ailleurs en sa direction. En me rapprochant d'elle, j'ai de plus en plus tendance à croire que c'est un ascenseur. Si c'est le cas, ce serait bien étonnant qu'il fonctionne, étant donné que ce qui se rapportait à l'électricité n'a jamais fonctionné depuis le début. Une fois en face de la porte, je note une sorte d'empreinte sur son côté gauche. C'est un cercle blanc. Je le touche. Quelque chose s'est enclenché. Le cercle, en surbrillance, tend maintenant vers le noir. Une fois qu'il a totalement changé de couleur, la porte s'ouvre. Et effectivement, c'est bien un ascenseur. Je monte dedans. Il n'y a cependant pas de panneau de contrôle ou diverses touches numérotées ; seulement le cercle noir. Je touche également celui-ci. La porte se referme et l'ascenseur commence à grimper. En attendant ma destination, toujours inconnue, je remarque que la ligne blanche est dessinée sur le sol. L'attente n'est pas longue, l'ascenseur s'arrête et la porte s'ouvre. En face de moi, une passerelle. La ligne blanche continue dessus mais s'arrête en son milieu. Est-ce sa fin ? Je m'avance pour en savoir un peu plus. À en juger par la trajectoire de la passerelle, il n'y a qu'une sortie possible. Elle est située à son extrémité. Je daigne donc m'y diriger. En passant la tête par dessus un bord, je peux observer le rez-de-chaussée. Je dois être actuellement à une dizaine de mètres au-dessus. Arrivé au bout, je ne vois qu'une baie encastrée dans le mur blanc, dont seule l'obscurité est projetée. Vu qu'il n'y a pas de solution alternative, je continue mon chemin dans cette direction. Une sensation étrange me prend aux tripes après être passé dans la baie. Il s'est passé quelque chose, sans que je ne puisse dire quoi. Je fais quelques pas en avant. La stupéfaction me prend : je suis revenu au même point que tout à l'heure, mais à une centaine de mètres au-dessus du sol maintenant. Et maintenant, ce n'est plus une passerelle, mais des passerelles, toutes liées entre elles par une intersection. J'ai affaire à une toile de chemin épars, tous semblables, mais menant sûrement chacun à des lieux différents. Je vais à l'intersection pour voir l'étendu totale des allées. Les tester une par une est inconcevable, et cela me prendra surtout énormément de temps. D'autant plus que je ne sais pas où je vais atterrir par la suite. Pris d'une démotivation et d'une fatigue passagères, je m'affale sur le sol froid. Le lecteur musical, toujours accroché autour du cou, suit le même mouvement que mon corps et tape par terre. Je le récupère et l'inspecte. Je ne sais quelle folie me prend en une pareille situation, mais je le fais fonctionner, me cale correctement contre un rebord, et commence à écouter ma musique. Soudainement, l'architecture entière se met à trembler. Je me lève subitement pour parer d'éventuels dangers ou chutes. Le tremblement s'arrête, et au bout de quelques secondes, j'entends un son provenir d'une sortie. Je crois que le phénomène dû au fonctionnement de mon Mp3 se réitère pour la troisième fois. Guidé par mon oreille, je tente de la retrouver parmi les centaines d'autres. En faisant le tri auditif au fur et à mesure de mon avancée, je tombe sur une sortie où le son semble être plus puissant qu'ailleurs. Je m'y aventure. Me voilà arrivé sur une plateforme similaire, si ce n'est qu'elle qu'elle est située encore plus haut que la précédente. Pour ne pas perdre de temps, je renouvèle le protocole musical. Le résultat donné est également semblable. Après cinq péripéties dans le genre, je crois être arrivé à ce qui semble être le sommet de la tour. La gigantesque salle aux mille paliers est au-dessous de moi. Nous sommes séparés par une vitre circulaire. N'ayant pas tellement le vertige, je préfère ne pas rester figé ici trop longtemps. Les catastrophes ont été multiples ces derniers temps. Désormais en sécurité, je me focalise sur la suite des évènements. Et à ce moment, je me dis qu'effectivement, je dois être au niveau ultime. Un long et large tapis rouge se dresse sous mes pieds, autour d'énormes murs blancs, menant à une imposante porte dorée. Un dessin est inscrit dessus : c'est une ligne blanche dans un cercle noir. Cidji
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