Même si bubbleplug a été rongé par un vide intersidéral, je continue de raconter ma vie... à personne. Hier, j'ai encore passé une soirée à pleurer. Et si je n'avais pas pris deux somnifères, j'aurais poursuivi pendant plusieurs heures.
Ca fait la deuxième fois que je me fait traiter d'incompétente par le responsable Marketing de notre plus gros client. A chaque fois par une personne différente. L'année dernière lorsque la nouvelle responsable est arrivée, on s'est engueulée parce qu'elle disait qu'elle faisait mon boulot à ma place, mais c'était par mail, donc du coup même si j'ai dû pleurer aussi, c'est mieux passé (même si je tremblais à chaque fois que je voyais son nom dans ma boite mail). Et puis au bout de quelques temps, quand elle s'est rendu compte que parmi tous ces fournisseurs j'étais la seule à lui rendre les trucs nickel et dans les temps, à toujours être disponible quand elle me demandait quelque chose et à répondre rapidement contrairement aux autres qu'elle avait besoin de relancer dix fois pour obtenir quelque chose. Elle est devenu toute gentille. Au final, moi je suis toujours là et elle non. En début d'année un nouveau mec est arrivé. AU début ça se passait bien et hier monsieur me rabaisse et me parle comme à une merde au téléphone pour une erreur que j'ai faite mais dont ils sont en partie responsable. Lorsque je lui demande gentiment de partager les coûts puisque l'erreur est commune, il me prend de haut et me dit que même pas en rêve il ne prendra ça à sa charge et que si on ne le refait pas (à nos frais bien spur), il s'en fiche, il plante le projet. Gnagnagna, on se croirait au collège ! CONNARD.
Du coup j'ai commencé à pleurer, heureusement c'était un quart d'heure avant de rentrer chez moi, et j'ai passé ma soirée à pleurer. Vous allez me dire, pourquoi se faire autant de mal pour ce petit merdeux. Le problème ce n'est pas lui, c'est que ce sentiment d'incompétence me renvoie à mon manque de confiance en moi et à plein d'émotions passées qui me submergent à nouveau. Toutes ces humiliations de mon enfance et de mon adolescence, toutes les fois ou on se moquait de moi, où on me mettait de côté, toute ces fois où on m'a pris pour une conne sans que je ne dise rien parce que je ne savais pas me défendre. Je passais des journées et des week end à pleurer sans que personne ne me demande ce qui n'allait pas. Mes parents évitaient la pièce où j'étais en attendant que ça passe. Toutes ces fois où je me suis dit que si je mourais peronne ne me regretterait. Ce sont tous ces sentiments qui remontent à chaque fois que quelqu'un essaie de ma marcher dessus à nouveau. A chaque fois que je ne me sens pas à la hauteur, à chaque fois que je me décourage en me disant que je ne suis capable de rien. même si je sais que je fais bien mon boulot. Des erreurs ça peut arriver à tout le monde. En l'ocurrence celle d'hier c'est la première fois que ça arrive et je ne me sens même pas coupable puisque personne ne la vue chez nous et personne ne l'a vu chez eux non plus, ce n'est pas comme si j'était la seule à avoir bosser dessus.
Maintenant, avec le recul, je me dit que quand il a menacé de planter le projet, j'aurais dû lui dire que je lui retirais pour le confier à un autre client et je n'aurais pas dû le laisser me parler comme ça, mais sur les coup j'ai perdu mes moyens, comme à chaque fois et j'ai passé et repassé le scénario dans ma tête toute la soirée en imaginant tous les trucs que j'aurais pu dire. Ca ne sert à rien puisqu'au lieu de rentrer chez moi et décrocher, je rumine cette histoire pendant des heures, voir des jours.
Bref, je vais arrêter de lui répondre au téléphone, la prochaine fois qu'il a un truc à dire il le fera par mail. Et la gentille collaboratrice qui faisait tout dans les temps, et qui essayait de les arranger dès qu'ils en avait besoin, ils peuvent l'oublier. Je ne suis pas rancunière en général, si ça se trouve ça va durer deux jours. Mais tant que je suis dans cet état là, il ne faudra pas me chercher... Abrahel
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